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: http://www.clicanimaux.com/Voici la parole d'un chien viverrin
Mon Dieu
Mon Dieu, permettez-moi de mourir
sur l'amoncellement de tout mes frères
Et pourtant mon corps souffrant respire
je brûle, j'ai si mal, j'ai froid, j'ai peur
Je n'ai plus d'oreilles, je n'ai plus de nez,
Des larmes de sang coulent de mes yeux
J'ai tellement de mal à respirer
Mon âme entière vous supplie mon Dieu
On m'a battu et on m'a frappé
Maintenant que je suis mort vivant
accroché, je me suis réveillé
la peau arraché, le corps en sang
Mais je suis encore vivant
et je vous regarde au fond de l'âme
moi, jeté sur les corps de mes frères
et je vous regarde, et je vous demande
A quel Dieu donnez-vous vos coeurs
pour quelle raison si peu d'amour
et pour quelle cause tant d'indifférence ?
N'est-ce-pas uniquement pour le plaisir ?
Mes frères, partout dans le monde souffrent, meurent
parce-que l'homme aime la futilité
parce-qu'il préfère son argent au coeur
parce-qu'il a choisi la vanité
plutôt que l'amour de son âme
Petit renard polaire aux yeux bleus-gris
pourtant déjà si tristes et si effrayés
par ce qu'il pressent et ce qu'il devine
cerné par une cage impossible à briser
La queue rongée et rouge d'angoisses
tu as encore les couleurs de l'enfance
mais là, tu n'arriveras pas à vieillir
et pourtant, pour toi, le temps qui passe
est déjà une éternité de peurs
Que Dieu te permettes une mort rapide
mais ce sont toujours les hommes qui décident...
J'étais un chien, un chien viverrin...
Je sais, j'avais l'air gros et pas très malin
mais je voulais vivre en paix avec vous,
j'avais le coeur assez grand pour vous aimer
et maintenant je tarde à mourir à cause de vous
Je n'ai plus d'oreilles, je n'ai plus de nez
des larmes de sang coulent de mes yeux
j'ai tellement du mal à respirer
et de toute mon âme, pour mourir, je prie Dieu
Je n'étais pas gros, je n'étais pas bête
peut-être pas très beau, un peu à l'abri sous la peau que vous m'avez volé
Isa
Agonie filmée d'un chien viverrin
Au fond du vieux refuge, dans une niche en bois,
Depuis deux ans je purge, d'avoir trop cru en toi.
Tous les jours je t'attends, certain que tu viendras,
Tous les soirs je m'endors, sans que tu ne sois là.
Pourtant je suis certain, je te reconnaîtrai,
Viens me tendre une main, je te la lécherai.
Tu te souviens très bien, quand je sautais sur toi,
Que tu me caressais, que je dansais de joie.
Que c'est il donc passé, pour que ce 16 juin,
Heureux que tu étais, je me rappelle bien,
Tu sifflais, tu chantais, en bouclant les valises,
Que tu m'aies attaché, là, devant cette église.
Je ne peux pas comprendre, et ne croirai jamais,
Que toi qui fus si tendre, tu sois aussi mauvais.
Peut-être es-tu très loin, dans un autre pays,
Mais quand tu reviendras, moi j'aurai trop vieilli.
Ton absence me pèse, et les jours sont si longs,
Mon corps s'épuise, et mon cœur se morfond.
Je n'ai plus goût à rien, et je deviens si laid,
Que personne, jamais, ne voudra m'adopter.
Mais moi je ne veux pas, que l'on me trouve un maître,
Je montre bien mes dents, et je prends un air traître,
Envers qui veut me prendre, ou bien me caresser,
Pour toutes illusions, enfin leur enlever.
Car c'est toi que j'attends, prêt à te pardonner,
A te combler de joie, du mieux que je pourrai,
Et je suis sûr, tu vois, qu'ensemble nous saurions,
Vivre des jours heureux, en réconciliation.
Pour cela, je suis prêt, à faire de gros efforts,
A rester près de toi, à veiller quand tu dors,
Et à me contenter, même si j'ai très faim,
D'un vulgaire petit os, et d'un morceau de pain.
Je n'ai jamais rien dit, lorsque tu m'as frappé,
Sans aucune raison, quand tu étais énervé,
Tu avais tous les droits, j'étais à ton service,
Je t'aimais sans compter, j'acceptais tous tes vices.
Tu m'as mis à la chaîne, ou tu m'as enfermé,
Tu m'as laissé des jours, sans boire et sans manger,
J'ai dormi bien souvent, dans ma niche sans toit,
Paralysé, raidi, tellement j'avais froid.
Pourtant, si tu reviens, nous partirons ensemble,
Nous franchirons en chœur, la porte qui ressemble,
A celle d'une prison, que je ne veux plus voir,
Et dans laquelle, hélas, j'ai broyé tant de noir.
Voilà, mon rêve se termine, car je vois le gardien,
Puis l'infirmière, et le vétérinaire plus loin,
Ils entrent dans l'enclos, et leurs visages blêmes,
En disent long pour nous, sur ce qu'ils nous amènent.
Je suis heureux, tu vois, car dans quelques instants,
Je vais tout oublier, et, comme il y a deux ans,
Je m'endormais sur toi, mon cher et grand ami,
Je dormirai toujours, grâce à …l'euthanasie.
Et s'il t'arrive un jour, de repenser à moi,
Ne verse pas de larmes, ne te prends pas d'émoi,
Pour toi, j'étais " qu'un chien ", tu préférais la mer,
Tu l'aurais su avant, j'aurai payé moins cher.
A vous tous les humains, j'adresse une prière,
Me tuer tout petit, aurait peiné ma mère,
Mais il eut mieux valu, pour moi, cette manière,
Et vous n'auriez pas eu, aujourd'hui, à le faire.

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